Rwanda: les chefs de la rébellion hutu devant la justice allemande
De Audrey KAUFFMANN (AFP) – Il y a 11 heures
STUTTGART — Un tribunal de Stuttgart, dans le sud-ouest de l'Allemagne, a commencé mercredi à juger le chef de la rébellion rwandaise hutu des FDLR, Ignace Murwanashyaka, et son adjoint Straton Musoni pour crime contre l'humanité et crime de guerre en République démocratique du Congo.
Le procès, qui s'est ouvert peu après 07H30 GMT, a été immédiatement suspendu, avant même la lecture de l'acte d'accusation, car la défense a déposé une motion contestant la composition du parquet.
"Il est permis de douter de la neutralité du parquet fédéral", a argué Ricarda Lang, avocate d'Ignace Murwanashyaka.
Selon elle, "le procès ne peut pas continuer" avec les représentants actuels de l'accusation car l'un d'eux au moins doit être entendu comme témoin devant la cour pour rapporter le contenu d'auditions réalisées pendant l'enquête en RDC et au Rwanda. Or on ne peut selon l'accusation à la fois témoigner et accuser dans un procès. Elle a en outre affirmé que tous les éléments du dossier n'avaient pas été transmis à la défense et contesté les conditions d'audition de certains témoins, sans traducteur.
Les juges ont demandé au parquet de préparer sa réponse et le procès devait reprendre en fin de matinée.
Arrêtés en novembre 2009, les deux hommes sont accusés de diriger "une organisation terroriste" et d'avoir piloté à distance des atrocités commises par les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) en 2008 et 2009 contre des centaines de civils dans l'est de la République Démocratique du Congo où elles sont basées: plus de 200 meurtres, de très nombreux viols, pillages et incendies de village, le recrutement d'enfants-soldats.
Ils encourent la réclusion à perpétuité.
Arrivés menottés, Ignace Murwanashyaka, 47 ans, et Straton Musoni, 50 ans, ont comparu à Stuttgart dans une petite salle pleine --70 personnes dans le public--, flanqués chacun de plusieurs avocats. M. Murwanashyaka en jeans et chemise mauve, lunettes argentées, et M. Musoni en costume vert pale et cravate bariolée.
M. Murwanashyaka préside les FDLR depuis fin 2001. Recherché par Kigali et objet de sanctions de l'ONU depuis 2005, il vit depuis plus de deux décennies en Allemagne, tout comme Straton Musoni, vice-président des FDLR depuis 2004. Les deux hommes, venus étudier en Allemagne, y ont fait leur vie.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait salué en janvier le fait que l'Allemagne ait entendu les "appels répétés" de l'ONU et traduise en justice les chefs des FDLR. Une démarche qui peut selon lui contribuer à "la stabilisation" de l?est de la RDCongo.
Quatre-vingts témoins sont cités dans le dossier de l'accusation, épais de 150 classeurs.
Ce procès est le premier organisé selon les dispositions du Code allemand sur les crimes violant le droit international, introduit en 2002 sur le principe de la compétence universelle. Après l'Holocauste, l'Allemagne s'était dotée des moyens de punir le génocide. Le nouveau Code intègre toutes les atteintes relevant de la Cour pénale internationale, crimes de guerre et crimes contre l'humanité inclus.
Les FDLR comptent entre 2.500 et 5.000 combattants hutus dans la région des Grands Lacs, selon les sources. Kigali en recherche certains pour leur rôle présumé dans le génocide au Rwanda en 1994, qui a fait 800.000 morts selon l'ONU, majoritairement d'ethnie tutsi


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