mercredi 23 mai 2012

RDC: l'armée attaque les mutins sur deux nouveaux fronts

Après avoir repris plusieurs localités samedi, l'armée congolaise a commencé à attaquer dimanche de nouvelles positions des mutins ex-rebelles dans la province instable du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), où les déplacés fuient toujours les combats.
Après de violents combats samedi dans le territoire de Rutshuru, frontalier de l'Ouganda et du Rwanda, l'armée a repris des positions telles que "la localité de Bugusa, la localité de Tchengerero et (la colline stratégique de) Mbuzi", a déclaré dimanche l'attaché de presse du gouvernorat du Nord-Kivu, Célestin Sibomana, à l'AFP. Dimanche, les combats ont repris. "Aux heures matinales (...), les FARDC (Forces armées) ont pilonné et fragilisé plusieurs positions des insurgés sur les collines de Bukina, Mbuzi et Runyonyi", indique dans un communiqué le vice-président de la société civile du Nord-Kivu, l'avocat Omar Kavota. "Depuis 14h00 (même HB), Mbuzi, face à la frontière avec le Rwanda, et Chanzu, près de la frontière avec l'Ouganda, ont connu des affrontements et c'est là où jusqu'à présent il y a un front entre les FARDC et les mutins", a expliqué dans l'après-midi M. Sibomana. Plus tôt dans la journée, le porte-parole des mutins du Mouvement du 23 mars (M23), le lieutenant-colonel Vianney Kazarana, avait déclaré qu'ils "résistaient" aux assaults de l'armée "à 3km de Bunagana, dans la zone de Jomba", pour laquelle l'armée et les dissidents se sont violemment affrontés samedi. (GGD)

Belga | 20 Mai 2012 23h48

RDC: l'armée intensifie les frappes contre les mutins ex-rebelles de l'est

AFP - L'armée de RDC a intensifié son offensive dans la province instable du Nord-Kivu (est) contre des mutins ex-rebelles qu'elle combat depuis près de deux semaines et qui résistent malgré un premier bombardement aérien de leurs positions samedi.

"Deux avions de guerre (...) de bombarder la colline de Runyonyi et de Chanzu", près de la frontière avec le Rwanda, a déclaré samedi après-midi à l'AFP un colonel loyaliste des Forces armées (FARDC), sans donner plus de précisions.

Me Omar Kavota, vice-président de la société civile du Nord-Kivu, a confirmé à l'AFP le bombardement de Runyonyi, "base" des mutins, Chanzu, ainsi que de Bikenge. "Mais les mutins gardent toujours le contrôle de ces localités" prises jeudi, et ne semblent pas "destabilisés".

Mais, a-t-il ajouté les mutins ont "échoué" dans leur tentative de prendre la base militaire de Rumangabo depuis la colline stratégique de Mbuzi après avoir été repoussés par les FARDC. Les mutins ont également été chassés de Bunagana, à la frontière avec l'Ouganda, selon des sources militaires.

Les dissidents se réclament du Mouvement du 23 mars (M23), un nouveau mouvement militaire composé d'ex-membres de l'ancienne rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et dirigé par le colonel Sultani Makenga, un ex-officier du CNDP qui a déserté le 4 mai avec plusieurs dizaines de ses hommes.

Début avril, plus d'une dizaine d'officiers supérieurs de l'ex-CNDP, intégrée dans l'armée en 2009 après des accords de paix avec Kinshasa, ont déserté avec quelques centaines d'hommes dans les provinces instables des Nord et Sud Kivu (est).

Les soldats ex-rebelles, dont la plupart auraient plus tard rejoint leurs unités ou se seraient rendus, sont proches du général Bosco Ntaganda, l'ex-chef d'état-major du CNDP recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour enrôlement d'enfants soldats.

Il est également recherché par Kinshasa pour sa "responsabilité" dans les combats qui ont commencé le 29 avril au Nord-Kivu.

Selon l'armée le général Ntaganda et son "petit groupe" sont traqués "dans le parc des Virunga", où un garde forestier et deux soldats ont récemment été tués dans une embuscade tendue par des miliciens non identifiés.

- "Les défections continuent" -

A Goma, capitale du Nord-Kivu, "il y a eu des perquisitions chez les ex-officiers FARDC qui ont rallié le M23. On continue à trouver des armes dans certaines habitations de quelques officiers", a déclaré à l'AFP le député Jason Luneno, élu dans cette ville.

Samedi dernier, l'armée avait cessé ses opérations et laissé cinq jours aux mutins pour regagner leurs unités, mais les heurts ont continué -principalement dans le territoire de Rutshuru, frontalier du Rwanda et de l'Ouganda- entre les FARDC et les hommes se réclamant du M23 ou du général Ntaganda.

"Lorsque les militaires avaient le dessus sur les ex-CNDP, les militaires CNDP étaient en débandade. Arrêter les opérations a créé une frustration du côté des FARDC. Ils ont exprimé beaucoup de sentiment de déception, et d'autres ont dit qu'ils ne sont plus motivés pour se battre", a souligné M. Luneno.

Il note par ailleurs que si des mutins se sont rendus, les défections continuent et "ce n'est pas à l'avantage de la population", déplacée par dizaines de milliers dans la province ainsi qu'au Rwanda et Ouganda voisins.

Près de 7.500 personnes se sont réfugiées au Rwanda, selon les autorités du pays, et "environ 3.000 Congolais" ont trouvé refuge provisoirement en Ouganda, selon l'ONU.

L'armée de RDC a intensifié son offensive dans la province instable du Nord-Kivu (est) contre des mutins ex-rebelles qu'elle combat depuis près de deux semaines et qui résistent malgré un premier bombardement aérien de leurs positions samedi

L'armée de RDC a intensifié son offensive dans la province instable du Nord-Kivu (est) contre des mutins ex-rebelles qu'elle combat depuis près de deux semaines et qui résistent malgré un premier bombardement aérien de leurs positions samedi

jeudi 3 mai 2012

Loin des caméras, le Nord-Kivu s’enfonce une nouvelle fois dans la violence

 

Un soldat de l'armée régulière sur la route dans la localité de Sake, au Nord-Kivu, lundi. Photo : Alain Wandimoyi.

Depuis près d’un mois, des soldats mutins sèment le trouble au Nord-Kivu, région située dans le nord-est de la République démocratique du Congo qui a été ravagée par des années de guerre. Posté à une dizaine de kilomètres de la ligne de front qui sépare les mutins de l’armée régulière, notre Observateur nous offre un témoignage et des images exclusives d’une crise qui se déroule loin des caméras.
Début avril, des soldats issus du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), une milice implantée dans le Nord-Kivu depuis 2003 et ralliée à l’armée régulière depuis 2009, ont fait défection. Les mutins reprochent notamment au président congolais Joseph Kabila de n’avoir pas "respecté les accords, passés entre lui et le CNDP, relatifs à la réforme de l’armée congolaise".  La mutinerie, forte de plusieurs centaines d’hommes, est conduite par le général Bosco Ntaganda, l’ex-chef d’état major du CNDP. Surnommé "Terminator", Bosco Ntaganda fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) depuis 2006 pour enrôlement d’enfants. Un nouveau mandat d'arrêt devrait être lancé prochainement contre lui pour des viols et des meurtres commis pendant qu'il était à la tête du CNDP et après son intégration dans l'armée en 2009. 
Depuis une semaine, les affrontements se sont multipliés entre les éléments rebelles et les FARDC, l’armée régulière congolaise. Dimanche, des combats particulièrement violents ont eu lieu dans la région de Masisi, une zone autrefois occupée par le CNDP où les mutins ont repris le contrôle de plusieurs localités. D’importants mouvements de population ont été signalés.

Toutes les photos ont été prises par notre Observateur Alain Wandimoyi et postées sur son blog.

Civils et soldats prennent la route dans la localité de Sake.

Le sous-sol du Nord-Kivu, région frontalière de l’Ouganda et du Rwanda, regorge de richesses minières très convoitées, parmi lesquelles le cuivre, le diamant mais aussi le coltan, un minerai utilisé dans la fabrication des téléphones portables. Depuis près de 20 ans, la zone est le théâtre de combats pour le contrôle de ces ressources.

Contributeurs

Alain Wandimoyi

"Les mutins sont éparpillés un peu partout et sèment la panique"

Alain Wandimoyi est photographe et blogueur à Goma. Il s’est rendu lundi dans la localité de Sake, dans la région de Masisi, où se trouve un important camp de l’armée régulière congolaise.

Les soldats du CNPD, ralliés à l'armée régulière depuis 2009, réclamaient notamment l’ouverture de postes dans l’armée et la reconnaissance des grades qu’ils avaient dans la milice mais, aujourd’hui, ils estiment avoir été floués par le pouvoir.

Les mutins se réclament tous de Bosco Ntaganda, qui se cache quelque part dans les collines. La situation dans la région de Masisi est très confuse. En quelques semaines, les mutins se sont éparpillés un peu partout dans les localités et sèment la panique. La population civil tente donc de fuir. Certaines personnes que j’ai rencontrées ont été prises au milieu de combats et m’ont expliqué que les rebelles n’hésitaient pas à tirer sur les civils. On ne comprend pas très bien quel est leur objectif.

Une déplacée se repose sur une route, près de Sake.

Les mutins occupent les espaces agricoles, donc les paysans sont obligés de leur laisser leurs champs et leurs productions. Beaucoup de civils arrivent à Goma, mais il n’y a aucune infrastructure pour les accueillir. Ils s’installent pour l’instant dans les écoles ou parfois même dans la rue. D’autres se réfugient au Rwanda voisin. Des soldats de l’armée régulière ont été vus sur les routes aux côtés des civils en fuite mais, d’après mes informations, il s’agit de replis tactiques. La plupart se retrouvent un peu plus loin pour organiser la contre-attaque.

Soldats des FARDC, l'armée régulière congolaise.

Deux soldats de l'armée régulière se retrouvent après la confusion sur le front.

"Les mutins ont interdit aux habitants de partir. C’est la technique qu’ils utilisent pour pouvoir plus facilement enrôler de force et augmenter leurs effectifs"

Les habitants qui ont réussi à fuir sont les plus chanceux car, dans plusieurs localités, les mutins ont interdit aux civils de partir. C’est la technique qu’ils utilisent pour pouvoir plus facilement enrôler les gens de force. Des cas de viol ont aussi été signalés.
La richesse de la région explique son instabilité. Dès qu’elles le peuvent, les milices tentent de remettre la main sur les gisements. Bosco Ntanganda s’est même rapproché dernièrement de la milice armée des Maï-Maï Cheka qui a la main sur un gros gisement de cassitérite [un minerai qui, une fois raffiné, est transformé en étain. Ce matériau est très prisé par l’industrie électronique, NDLR].

Sur une route, dans la région de Sake.

Ce que l’on redoute, c’est que la population souffre, une fois encore, de ces combats [entre 1998 et 2003, la deuxième guerre du Congo a ravagé le pays, entraînant viols et massacres. Le nord-est du pays avait été particulièrement touché, NDLR]. Mais, aujourd’hui, je ne crois pas que ces mutins puissent aller très loin. À moins qu'elle n'obtienne l’aide de pays étrangers comme le Rwanda [en décembre 2008, un rapport de l'ONU accusait le Rwanda de Paul Kagame d’avoir soutenu la milice tutsi de Laurent Nkunda, alors chef du CNDP jusqu’à son arrestation en 2009, NDLR], cette rébellion ne tiendra pas longtemps car elle ne compte pas beaucoup d’hommes et se retrouvera vite à cours de munitions.

Les deux photos ci-dessus ont été prises par Alain Wandimoyi en 2009, lors du ralliement d'éléments du CNDP à l'armée régulière congolaise. Postées ici.

Alain Wandimoyi

Billet écrit avec la collaboration de Ségolène Malterre, journaliste à France 24.

lundi 30 avril 2012

RDC: violents affrontements entre l'armée et des soldats ex-rebelles

Des affrontements violents opposent des soldats, ex-rebelles, qui ont fait défection de l'armée congolaise début avril dans l'est de la RD Congo aux forces loyalistes, provoquant des déplacements de population, a-t-on appris dimanche de source militaire.

De violents affrontements à l'arme lourde sont en cours près de Mweso (province du Nord-Kivu, est) entre les soldats ayant quitté l'armée et les forces loyalistes", a déclaré à l'AFP par téléphone un commandant des Forces armées (FARDC) qui participe aux combats et n'a pas pu fournir de bilan. Début avril, plus d'une dizaine d'officiers supérieurs, ex-membres de la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), ont quitté les rangs avec quelques centaines d'hommes dans les provinces instables du Nord et du Sud-Kivu (est). Depuis, plusieurs officiers ont réintégré leurs unités ou se sont rendus, et seuls quelques-uns étaient "traqués" par les FARDC, selon un militaire. Le président Joseph Kabila s'est par ailleurs rendu aux Kivu pour rappeler les troupes à l'ordre et menacer de sanctions en cas de nouvelle "indiscipline". "Une centaine de personnes ont fui Mweso en direction d'un autre village, Kitshanga", à une vingtaine de kilomètres, a indiqué le commandant pendant l'entretien téléphonique, lors duquel on pouvait entendre des coups de feu. D'autres déplacés ont notamment fui de Mushaki à Goma, capitale du Nord-Kivu. Plusieurs dizaines de femmes avec des enfants et des bagages ont expliqué avoir fui Mushaki lorsque les affrontements entre armée et mutins se sont durcis, a constaté le correspondant de l'AFP à Goma. Les soldats qui ont fait défection sont proches de Jean-Bosco Ntaganda, ex-chef d'état-major du CNDP, et ont intégrés comme lui dans l'armée régulière début 2009 après un accord de paix avec Kinshasa. Basé à Goma, Jean-Bosco Ntaganda, connu aussi sous le surnom de "Terminator", est visé depuis 2006 par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour enrôlement d'enfants quand il était dans une autre milice au début des années 2000.

lundi 16 avril 2012

L'ONU approche la Belgique pour mener des micro-projets solaires en RDC

Les Nations Unies ont sollicité la Belgique pour les aider à réaliser conjointement des micro-projets liés à l'énergie solaire en République démocratique du Congo (RDC), a indiqué dimanche soir le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, à l'issue d'un dîner à Bruxelles avec le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, en compagnie du prince Philippe et de son collègue de la Défense, Pieter De Crem.

La visite de deux jours en Belgique que M. Ban a entamée dimanche est placée sous le signe de l'énergie durable. Il doit notamment participer lundi à une conférence rassemblant des représentants de l'Union européenne, de l'ONU, de pays en développement, de l'industrie et de la société civile sur la fourniture d'électricité à des millions de personnes dans les pays du Tiers Monde. Selon M. Reynders, les responsables des Nations Unies ont demandé que la Belgique puisse "jouer un rôle" dans ce cadre et travaille avec l'ONU en RDC à des "micro-projets" visant à doter des communautés locales d'électricité d'origine solaire. Il s'agit de veiller à ce que des villages "deviennent plus autonomes" en matière de production électrique, sans nécessairement recourir à l'énergie provenant de gros projets - comme des centrales hydro-électriques. De tels projets permettraient de combiner à la fois un renforcement de la sécurité et un soutien au développement dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, a expliqué le ministre lors d'un entretien téléphonique avec l'agence BELGA.

vendredi 13 avril 2012

RDC: Aubin Minaku élu nouveau président de l'Assemblée nationale

Un dirigeant du parti du président congolais Joseph Kabila, Aubin Minaku Ndjala Ndjoko, a été élu jeudi nouveau président de l'Assemblée nationale lors d'un vote boycotté par l'opposition au Palais du Peuple de Kinshasa, a constaté l'AFP.

Seul candidat en lice pour le perchoir de la chambre basse du parlement, M. Minaku a obtenu 343 voix sur 349 votants pour une Assemblée comptant quelque 480 députés - sur un total théorique de 500, mais dont certains n'ont pas désignés lors des élections controversées du 28 novembre dernier, entachées de fraudes et d'irrégularités. M. Minaku, 46 ans, est le secrétaire général de la Majorité présidentielle (MP, la vaste plate-forme soutenant le président Kabila. Il est élu de la province du Bandundu (ouest) pour un mandat de cinq ans. L'opposition a boycotté ce vote, accusant la majorité d'avoir "déconsidéré" ses candidats aux postes de deuxième vice-président et de rapporteur adjoint qui lui sont réservés, en poussant la candidature d'autres députés qu'elle n'avait pas désignés. La nouvelle Assemblée issue des élections du 28 novembre 2011 est dominée par la Majorité présidentielle (MP), avec 340 députés venant d'une soixantaine de partis, dont le premier est le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD, la formation du chef de l'Etat, qui compte 61 députés). L'opposition a quelque 120 sièges. Le poste de deuxième vice-président de l'Assemblée est revenu à Thimothée Kombo Nkisi, un élu de l'Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS), mais qui en a été exclu après avoir accepté d'occuper le poste de président provisoire de l'Assemblée en tant que doyen d'âge. L'UDPS du vieil opposant Etienne Tshisekedi avait désigné un autre candidat. Idem pour le Mouvement de Libération du Congo (MLC) qui avait désigné son candidat au poste de rapporteur adjoint, qui est finalement revenu à un autre parti d'opposition. Le président Kabila devrait désigner prochainement un nouveau Premier ministre, issu des rangs de la MP.

lundi 2 avril 2012

Naissance signalée d’un petit bonobo d’origine congolaise de la RDC au Zoo Planckendael en Belgique

Kinshasa, 30/03/2012 / Economie

Un communiqué du Zoo Planckendael en Belgique annonce de la naissance constatée le samedi 24 mars dernier d’un petit singe bonobo d’origine de la République démocratique du Congo auquel on a donné le nom en Lingala de « Nayoki » qui signifie « J’ai entendu »

La femelle bonobo Djanoa, singe originaire de la République Démocratique du Congo (RDC) et pensionnaire du zoo de Planckendael en Belgique, a donné naissance samedi dernier à un petit, son troisième, annonce un communiqué de ce zoo. L'identité de l'heureux papa reste cependant inconnue alors que la femelle s'est régulièrement accouplée avec trois mâles, indique la même source. C'est un heureux évènement qu'a vécu le week-end dernier le zoo de Planckendael en Belgique. La femelle bonobo Djanoa, arrivée au parc en 2002 et star incontestée des compétitions de singes, a donné naissance à son troisième petit.
Mais la nouvelle était dans l'air depuis quelques semaines tandis qu'un test de grossesse avait confirmé la grossesse de l'animal. Baptisé Nayoki (« j’ai entendu » en lingala), le nouveau-né est déjà très vivace et remuant et se tient très fermement à sa maman. Celle-ci le protège d'ailleurs tellement que les soigneurs n'ont pas pu pour l'heure déterminer le sexe du petit bonobo. De même, ils ignorent également qui est l'heureux papa de Nayoki dans la mesure où Djanoa s'est régulièrement accouplée avec trois mâles dont Aloui soko, Lukuma et Vifijo. Mais les soigneurs comptent bien mettre la main sur quelques poils du bébé pour réaliser un test ADN et avoir enfin la réponse.
Ce qui pourrait tout de même prendre plusieurs mois vu l'aspect très protecteur de la maman qui passe son temps à épucer son petit. Le groupe de 8 bonobos semble toutefois avoir bien accueilli la naissance puisque Djanoa et les autres membres ont chiqué avec plaisir le placenta, très nutritif, avant de le recracher. "Cela en dit long sur l'intégration de notre nouveau-né", précise le zoo dans son communiqué. S'il reste pour l'heure auprès de sa maman, Nayoki se mettra à évoluer à quatre pattes dès le 6ème mois. Ce qui ne l'empêchera pas de continuer à téter Djanoa jusqu'à l'âge de 4-5 ans. Mais il recevra aussi de la nourriture solide dès 2 ans.
Alors qu'un autre petit pourrait naître en 2012 cette fois-ci d'une autre femelle, la naissance a été reçue comme une excellente nouvelle pour le programme d’élevage européen que le zoo dirige. Actuellement, 87 bonobos vivent dans 9 parcs animaliers européens. Ces animaux étant très menacés dans leur pays d'origine, le Congo-Kinshasa, chaque naissance en Europe est très importante. "Pour préserver 90% de la diversité génétique, vous avez besoin de 125 animaux sur une période de 100 ans. En Europe, il y a de la place pour 200 bonobos, un bel objectif !", assure le zoo de Planckendae.
Etat des lieux de la distribution des grands singes de la RDC
La distribution initiale des grands singes est présumée avoir été étendue depuis 1900 jusqu’aux années 1930 à toutes les forêts et habitats boisés de la RDC, indique un document du ministère de l’Environnement, Conservation de la nature et Tourisme parvenu jeudi à l’ACP. Selon le document, cette distribution s’est opérée de manière suivante : pour le gorille de basse altitude de l’Est, l’aire de distribution s’étend à l’Est de la Lualaba jusqu’à l’Ouest du lac Edouard, c’est-à-dire sur la rive droite du fleuve Congo dans la Province Orientale, les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema. L’aire de distribution du gorille de basse altitude de l’Ouest s’étendrait à toute la forêt de Mayumbe et dans tout le district du Bas-Fleuve, à Tshela et Luozi dans la province du Bas-Congo, avec jonction au Cabinda (Angola) et Congo-Brazzaville.
Le gorille de montagne a toujours été circonscrit aux volcans des Virunga en RDC et dans les montagnes avoisinantes au Rwanda et en Ouganda. Quant au chimpanzé commun, il se retrouvait sur toute la rive droite du fleuve Congo dans la Province de l’Equateur, dans la Province Orientale, dans celles du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Maniema et du Katanga. Sa présence s’étend en République Centrafricaine, au Soudan, en Ouganda, au Rwanda, au Burundi et en Tanzanie. Le chimpanzé gracile, ou nain, mieux connu sous le nom de bonobo, occupait quant à lui toute la rive gauche du fleuve Congo, dans la province de l’Equateur, la Province Orientale, les provinces de Bandundu, du Kasaï Occidental, du Kasaï Oriental et du Katanga. L’aire de distribution du Bonobo s’étendait au 17è siècle plus au Sud de l’aire actuelle jusqu’en Angola. Avec la dégradation des forêts, l’expansion agricole, la chasse, le commerce illicite et autres menaces qui pèsent sur les grands singes, leurs habitats ont diminué et se sont fragmentés.
Toutes les espèces et sous-espèces de grands singes se sont ainsi repliés, sans exception, dans quelques poches de leur aire de distribution initiale, particulièrement dans les réserves naturelles comme les parcs nationaux et les forêts classées. Même s’il n’y a pas encore eu de recensements scientifiques fiables pour les grands singes en RDC, excepté pour les gorilles de montagne, il reste évident que leurs effectifs cités dans la littérature étaient de loin plus importants que les chiffres rapportés aujourd’hui et leur statut de conservation était stable dans ce pays.
Pour les bonobos, dernier grand singe à être découvert par la science en 1927 (crâne au Musée de Tervuren) et décrit en 1929, les chiffres alors avancés de leurs effectifs étaient de plus de 100.000 individus sur une surface de 840.400 km² de la cuvette centrale. Ils s’étendaient alors sur toute leur aire de distribution délimitée par le fleuve Congo à l’Ouest, au Nord et à l’Est et par les rivières Kasaï et Sankuru au Sud. Jusqu’il y a une dizaine d’années, on croyait que le bonobo ne vivait que dans la grande forêt équatoriale et sempervirentes.
Les études de Jo Thompson depuis 1992 ont montré que le bonobo est flexible et peut survivre dans des habitats en mosaïque alternant entre forêts, savane boisée et savane herbeuse comme au Sankuru dans la partie Sud de son aire de distribution.
ACP